Le blogue des créatrices de Dafné et des Doudoux

Diane Primeau, auteure et conceptrice – Julie Cossette, illustratrice

Pourquoi pas « Daphné et les doudous »? Pourquoi « Dafné et les Doudoux »?

L’auteure explique le nom de sa collection.

On me posait récemment la question : pourquoi ne pas avoir écrit le nom de la collection sous la forme plus classique de « Daphné et les doudous »? C’est vrai que si l’on entend le nom de la collection sans l’avoir vu et que l’on fait une recherche sur Internet, il y a des chances qu’on cherche « Daphné et les doudous ». J’ai trouvé la question suffisamment importante pour y répondre ici.

« Dafné » versus « Daphné »

Il y a principalement deux raisons à ce choix. La première étant que la collection s’adresse à des enfants d’âge préscolaire et qu’à cet âge le son « f » est plus facile à lire et reconnaître sous la forme « f » que « ph ». Ensuite, ma « Dafné », c’est la mienne et pas une autre. Écrire son prénom de cette façon c’est lui donner une originalité, une touche distinctive et personnelle. J’en profite pour mentionner que c’est « tendance ». Bien que ça n’ait pas été un critère pour moi, il reste que de plus en plus de parents choisissent de personnaliser l’orthographe des prénoms de leurs enfants. Preuve que je ne suis pas une « maman » différente des autres!

Pourquoi « Doudoux » et non « doudous »?

Le mot « doudou » est un nom commun qu’on a d’ailleurs vu à maintes reprises dans les titres d’albums illustrés pour enfants. Tout comme pour« Dafné », j’ai voulu lui donner une forme distinctive. Et comme à l’origine le mot vient de la répétition par les tout-petits du mot « doux »… « doux », « doudoux » avec un « x » à la fin s’est imposé de lui-même, la douceur étant au cœur du concept de mes petits personnages et livres. Et pourquoi avec un « D » majuscule? Parce qu’en quelque sorte, les « Doudoux » forment une famille. J’ai donc voulu l’écrire comme un nom propre.

Et pendant qu’on y est, pourquoi « doudou » plutôt que « toutou »?

C’est vrai qu’au Québec, lorsqu’on parle d’une peluche, on dit la plupart du temps « toutou » et non « doudou ». Mais à mes yeux, les Doudoux ne sont pas que des toutous vivants et ne sont pas des jouets non plus. Ils incarnent le concept d’« objet transitionnel », symbolisant douceur et réconfort.

Note

La notion d’« objet transitionnel », introduite par D. W. Winnicott, appartient au domaine de la psychanalyse. L’objet transitionnel, qui a l’effet apaisant d’un substitut maternel, est la première possession de l’enfant qui est extérieure à son propre corps, bien qu’il ne le perçoive pas nécessairement comme tel. Il apparaît généralement entre quatre et douze mois, et permet à l’enfant d’effectuer la transition entre la relation à la mère et la relation avec d’autres « objets » de son environnement.

L’objet élu est généralement un objet matériel de texture douce (ce qui explique le nom familier doudou, provenant de la répétition du mot doux par l’enfant); il s’agit le plus souvent d’une couverture ou d’un bout de couverture ou encore d’un morceau de tissu (serviette, chiffon, mouchoir, par exemple) ou d’un animal en peluche, que l’enfant serre contre lui et suçote.

Repris du Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française : http://www.granddictionnaire.com/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8875502