Le coin des parents

Vous trouverez ici des informations utiles portant sur les thèmes abordés dans nos livres. On peut être grand et aimer la doudouceur!

Adoucir les matins pressés

Article complémentaire à l’album Les matins pressés

Courir contre la montre, presser les enfants, être à bout de souffle, tous les parents vivent ce branle-bas quotidien. Cette agitation peut s’avérer particulièrement stressante les matins de semaine lorsqu’on a de jeunes enfants, qu’on travaille et que toute la famille doit converger vers la sortie à une heure précise. Si ce n’est pas facile pour les parents, ça ne l’est pas non plus pour les tout-petits qui ne sont pas encore aptes à saisir le pourquoi de cette urgence. Les obligations professionnelles, l’importance d’un rendez-vous ou d’une réunion n’ont pas encore de signification pour eux. Plus l’enfant est jeune, plus ces notions lui sont abstraites puisqu’il vit dans le moment présent.

Marie-Anne Dostaler, psychoéducatrice

Diane Primeau, auteure

Quelques suggestions afin d’adoucir les matins pressés

Créer une routine

Pour aider son bambin à avoir des repères, à intégrer le déroulement des étapes de préparation et à développer des habitudes, on crée une routine du matin adaptée à son âge, comme il existe une routine du soir.

Une règle d’or est de lever son enfant assez tôt pour qu’il ait le temps de s’habiller, de manger, de faire sa toilette et qu’il lui reste, idéalement, une période de loisir pour jouer. Un détail important : on lui annonce au moins une fois le temps restant avant le départ. « On part dans cinq minutes… » l’aidera à intégrer l’idée que cette étape approche.

Au moment de partir

Quand vient l’heure de partir, si son enfant n’est pas prêt ou s’il refuse de collaborer, on peut l’aider tout en demeurant ferme : on le prend dans nos bras ou par la main et on tâche de rester calme. Plutôt que d’insister sur le fait qu’on sera en retard, on est positif et on aide son enfant à se projeter dans ce qu’il aime de ses journées : « Tu vas t’amuser, retrouver tes amis (en nommer quelques-uns), jouer, apprendre de nouvelles choses… »

Si sa réaction est de se mettre en colère ou de pleurer, on valide son sentiment : « Tu es en colère (ou tu es triste), tu aimes beaucoup faire ceci et lorsqu’on aime quelque chose, c’est normal de ne pas vouloir arrêter. Ce soir, tu pourras continuer, mais maintenant, on doit y aller. » Attention au ton qu’on adopte : on parle d’une voix douce et bienveillante tout en gardant une attitude ferme.

Apporter un objet de réconfort

Doudou, toutou, jouet ou livre préféré du moment, foulard avec l’odeur de maman… Apporter un objet familier et réconfortant facilite la transition. Pourquoi son enfant n’apporterait-il pas un nouveau livre ou un DVD de chansons à présenter aux amis? Un tel privilège peut devenir un très bon incitatif.

Ne pas s’attarder

Une fois la gardienne arrivée à la maison ou notre enfant et nous rendus à la garderie, s’il est important de bien dire au revoir, mais rien ne sert de s’éterniser. On peut rester le temps qu’il se déshabille, lui souhaiter une bonne journée, lui faire un bisou ou un gros câlin, lui dire qu’on va penser à lui et se retrouver plus tard, puis partir.

Évidemment, ces petits êtres sensibles que sont les enfants perçoivent très bien nos hésitations et notre sentiment de culpabilité. Être détendu, ne pas tergiverser ni se sentir coupable permet de confier l’enfant à l’autre en ayant le cœur plus léger. Bien sûr, un accueil chaleureux de l’éducatrice ou de la gardienne facilite aussi la transition.

D’autres pistes à ne pas négliger

Voir ce qui peut être fait la veille

  • Si l’enfant pleure facilement le matin, peut-être qu’il n’a pas passé une bonne nuit? Pour l’aider à bien dormir, on instaure et respecte aussi une routine du soir.
  • Avant de mettre son enfant au lit, on sort les vêtements qu’il portera le lendemain en fonction de la météo prévue.
  • On met la table pour le déjeuner.
  • On prépare les effets et sacs de chacun des membres de la famille et on les laisse près de la porte, toujours au même endroit.

« Parler vrai »

C’est à la célèbre psychanalyste pour enfants Françoise Dolto que l’on doit le concept du « parler vrai » aux enfants, qui met de l’avant l’importance d’avoir, même avec les plus jeunes, une communication véritable.

Dans l’album Les matins pressés, Dafné opte pour un comportement désagréable (faire un dégât) pour exprimer sa frustration face au départ de sa mère et à son absence toute la journée. C’est un mode d’expression fréquemment emprunté par les enfants de son âge pour manifester son mécontentement.

Dans le contexte fantaisiste de l’histoire, Dafné confie ses sentiments de frustration et de tristesse à Vanille, et celle-ci lui explique l’importance qu’a pour sa maman le fait d’avoir un métier et de travailler. Afin de l’aider à comprendre, Vanille dresse un parallèle entre le plaisir qu’éprouve la fillette dans ses diverses activités et la satisfaction que sa maman peut ressentir à se réaliser dans différentes occupations. Enfin, elle lui explique que même occupée ou absente, sa maman l’aime toujours.

Évidemment, dans la vraie vie, c’est le parent qui peut amorcer un tel échange. On ne doit pas hésiter à exprimer ce genre de vérité, sans entrer dans des détails hors de leur portée, bien sûr, parce que les enfants ont besoin de l’entendre. L’authenticité, la qualité de présence, l’empathie et le respect dont fait preuve le parent dans les moments d’intimité comme celui-ci contribuent à développer chez l’enfant son sentiment de sécurité affective… et sans aucun doute à faciliter les matins pressés!