Le coin des parents

Vous trouverez ici des informations utiles portant sur les thèmes abordés dans nos livres. On peut être grand et aimer la doudouceur!

Quand nourrir rime avec plaisir

Article complémentaire à l’album Dafné, bec sucré

Trois fois par jour, 365 jours par année… les repas se succèdent et semblent revenir d’autant plus vite quand il nous incombe de nourrir toute une maisonnée! On veut offrir à sa famille ce qu’il y a de mieux pour la santé en matière d’alimentation, on dépense temps et énergie à faire les menus, les courses, la cuisine… et on se sent dans son droit de souhaiter que ces efforts soient reconnus. Sauf que, avec des enfants à l’appétit variable ou « sélectif », non seulement ces attentes peuvent être déçues, mais elles peuvent devenir source de tension et même gâcher l’ambiance des repas. Notre proposition? Si dans l’ensemble de l’équation « manger santé », on tenait davantage compte du facteur plaisir? Des plaisirs sains, simples et variés que cuisiner et manger peuvent procurer… même avec des enfants! On pourra dire, comme Dafné : « C’est sûrement ça, un repas santé! Le plaisir de partager ensemble un délicieux souper. »

Andrée Thauvette Poupart, T.S., psychothérapeute

Diane Primeau, auteure

On commence par le plaisir de faire

Les enfants adorent cuisiner ou jouer au marmiton et ils tirent une grande fierté de faire comme les adultes. Dépendant du temps dont on dispose, il y a plusieurs façons de les impliquer pour stimuler leur curiosité et leur appétit. On peut bien sûr cuisiner ensemble pendant les week-ends ou les vacances pour les laisser expérimenter et mettre les mains à la pâte. Les soirs de semaine, on demande aux enfants de sortir les ingrédients, de laver ou de peler des légumes (à condition d’abandonner nos standards d’adultes), de préparer des assiettes de crudités ou de décorer celles que l’on aura déjà garnies.

À l’occasion, pourquoi ne pas les inviter à se préparer leur propre repas? On peut jouer au comptoir à salade, par exemple, en plaçant les aliments dans des assiettes ou des bols de couleurs variées. Les légumes peuvent être mis dans les verts; les protéines (viande, fromage, œufs, poisson, légumineuses) dans les jaunes; et les féculents ou produits céréaliers (riz, pâtes, pommes de terre) dans les rouges. La consigne : choisir au moins un aliment dans chacun des groupes.

Des résultats gratifiants

Quelle satisfaction d’avoir réalisé quelque chose de bon, de beau! Quelque chose de concret que l’on peut présenter, partager ou offrir… Recevoir des félicitations, c’est bon pour l’estime de soi, mais c’est aussi un excellent encouragement à goûter et à apprécier le plat que l’on a concocté.

Convivialité et repas en famille

La convivialité, ça se développe. Pour l’atteindre, il faut prendre les bons moyens, comme se débarrasser des gadgets électroniques et autres sources de distraction avant de se mettre à table. S’asseoir sans se relever, servir les convives, se tenir, toutes ces habitudes s’apprennent beaucoup par imitation. Se détendre, raconter sa journée, s’informer de celle des autres aussi. On prend soin de choisir des sujets de conversation à la portée des enfants et on garde pour un autre moment les sujets délicats ou la résolution de problèmes.

Fait intéressant, une récente étude américaine montre que, chez les adolescents qui prennent leurs repas en famille, les risques d’embonpoint ou d’obésité sont inférieurs à l’âge adulte [The Protective Role of Family for Youth Obesity: 10-Year Longitudinal Associations ].

Les plaisirs sensoriels

Le toucher

Les enfants adorent toucher. Lorsqu’ils sont bébés, on les laisse manger avec leurs doigts, mais au fur et à mesure qu’ils grandissent, on préfère qu’ils apprennent à se servir de leurs ustensiles. Cuisiner offre d’une part l’occasion de belles expériences tactiles : sentir la farine entre ses doigts, pétrir la pâte, casser des œufs… D’autre part, mélanger les ingrédients à la cuillère de bois, découper à l’emporte-pièce sont d’excellents exercices de motricité fine tout en étant des activités enrichissantes. Quitte à devoir ensuite ramasser un peu de farine sur le plancher!

L’odorat

Prendre le temps de sentir. Mmm… Chacun de nous garde de bons souvenirs d’être rentré à la maison, enfant, et d’avoir humé les parfums réconfortants émanant de la cuisine. Les effluves d’une bonne soupe chaude en hiver ou celles des biscuits qui sortent du four… On salive juste à y repenser. Les odeurs de cuisine procurent des sensations durables, car la mémoire olfactive est puissante, mais à court terme, quelle belle façon de se mettre en appétit! Et si on proposait aux enfants de jouer à deviner ce qui mijote?

Le plaisir des yeux

Les enfants goûtent d’abord avec leurs yeux! (Les grands aussi, d’ailleurs.) Jouer avec les formes et les couleurs est donc un moyen simple d’éveiller leur intérêt. On peut dessiner un visage ou un soleil avec des crudités ou des fruits, ou même apporter la touche finale à une assiette en y ajoutant des tomates cerises… On confie ce genre de fantaisies aux plus jeunes en les invitant à donner libre cours à leur créativité (encore une fois, on laisse ses standards d’adultes de côté). Le but étant simplement de leur montrer que des fruits et des légumes, c’est beau et c’est bon; de semer l’idée que, cuisiner et manger, c’est tout sauf plate!

Le goût, quel sens extraordinaire à développer!

Ah! le plaisir des papilles… Prendre le temps de mastiquer, de déguster. Verbaliser ses impressions : c’est tendre, c’est savoureux. Décrire le goût des aliments, leurs textures. Autant de façons de piquer la curiosité de l’enfant et de l’inciter à goûter, puis découvrir de nouveaux aliments. Des aliments qu’il pourrait aimer! Aussi, quand on s’attarde à manger consciemment, on reconnaît plus facilement la sensation de satiété. Éduquer par l’exemple est toujours plus efficace que par recommandations. Il ne faut jamais oublier qu’en tant que parent on est le premier modèle des enfants.

Malgré tout, certains enfants ne sont pas aventureux. Doit-on alors cesser de leur présenter un aliment parce qu’ils l’ont refusé la première fois? Bien sûr que non! Ça peut prendre 10 fois avant qu’ils l’acceptent. On ne met pas de pression non plus. Admettons tout de même que cela demande de la patience.

Acquérir le sens de l’occasion

Peu de familles réussissent à prendre ensemble leurs repas autour d’une table élégamment dressée. Souvent, les journées ne sont pas assez longues pour le permettre. Dans les familles très occupées, ce serait une bonne idée de faire des repas de fins de semaine des événements spéciaux. De cette manière, les enfants sauront qu’il y a des occasions où les repas sont plus élaborés, où l’on se tient bien à table et pour lesquelles on se fait beaux.

Par ailleurs, les occasions spéciales ne se limitent pas qu’aux grands dîners de fête. Faire un pique-nique sur le tapis du salon en plein hiver avec des burgers, des croustilles et des petites carottes peut être aussi une chouette façon de briser la routine.

Sucré peut rimer avec santé

S’il ne faut pas en faire la base de son alimentation, il est préférable de ne pas diaboliser les collations sucrées et desserts non plus. Il y a un risque de les rendre encore plus attrayants. Ce qui est interdit devient souvent objet de désir, et un désir réprimé a tendance à refaire surface de façon exacerbée plus tard. À chaque famille donc de trouver le bon dosage. On peut décider que les desserts sont une gâterie occasionnelle et les associer à des événements spéciaux. Il est possible aussi d’en faire des aliments nutritifs et de les intégrer à une alimentation saine et équilibrée.

Apprendre à préparer des desserts ou des collations à partir d’ingrédients de qualité est certainement formateur. Après tout, cuisiner est la meilleure façon de savoir ce que l’on mange, car beaucoup de produits du commerce sont moins santé que leurs fabricants le prétendent. La confection de biscuits, muffins, salades ou brochettes de fruits est une belle initiation pour les apprentis cuistots. Une foule de recettes faciles et saines ou de trucs pour cuisiner à quatre mains sont offerts gratuitement sur Internet. Quelques liens sont donnés ci-dessous à titre d’exemple. Et parmi les trucs pour faire rimer sucré et santé, on trouve intéressant celui des recettes de desserts à base de légumes proposées dans le livre Desserts santé pour dents sucrées.

Bon appétit!

Autres liens

MIAM! Recettes pour les enfants et capsules interactives

TFO

Cuisine futée, parents pressés

Télé-Québec

Des Recettes Originales pour Enfants

Ricardo cuisine

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